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Interviews et articles
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Interviews et articles > À JAMAIS LES PREMIERS ! À JAMAIS LES PREMIERS ! Helga Wolf (StadionWelt, Juin 2006) Avec la participation de Nicolas Deltort L’ Olympique de Marseille fut le premier club à gagner la coupe d’Europe des champions. Les Ultras Marseillais furent les premiers en France à supporter à la manière italienne. À Marseille, tout semble être un plus grand qu’autre part – et c’est ainsi que les supporters se présentent. L’OM n’est pas seulement le club au plus grand palmarès en France, il est aussi le plus grand et le plus populaire. Mais Marseille, c’est aussi le club scandale, qui, champion d’Europe, fut rétrogradé en D2. Le club qui à maintes reprises fut accusé – une fois trouvé coupable (affaire VA OM) - de manipulations, que ce soit corruption ou soupçon de doping. Mais cela n’a pas diminué la ferveur de ses supporters – au contraire. Ça collait trop bien avec l’image que l’on se faisait de Marseille dans le reste de la France: Une ville réputée sale et délabrée, la capitale du crime ou du moins des magouilles, ou les gens sont hospitaliers, aiment faire la fête et exagèrent toujours un peu. La ville elle-même se considère par contre comme le typique port de Méditerranée: Ouverte au monde et au commerce, au fur et mesure des années capables d’intégrer des centaines de milliers de nouveau venus. Ici, on est d’abord marseillais, et puis français, ou quoi que se soit que les papiers déclarent. „Fiers d’être marseillais“ „Marseille est comme une éponge. Elle absorbe, et elle continue à fabriquer des marseillais“, écrit l’historien Jean Contrucci. L’OM est un facteur important dans ce processus d’identification. Le club ne répresente pas seulement Marseille, il l’unit: l’OM, c’est Marseille, Marseille, c’est l’OM. Du jeune des quartiers défavorisés en passant par le petit artisan jusqu’aux élus locaux et aux classes supérieures: Tous se rangent derrière le club, tous se retrouvent au stade. Christian Bromberger, ancien éthnologe à l’université de Provence parle même d’un „facteur stabilisant pour le climat social de la ville, un symbole du sentiment communitaire qui estompe les oppositions“. Les chiffres en disent long: l’affluence moyenne de la saison est de 49.900 – de loin la plus haute en France. Le club compte 41.000 abonnés, un autre record au niveau national. Sur le fond de tant de passion, on ne s’étonne pas que le mouvement ultra français naquit sur les gradins du Stade Vélodrome – et que les groupes marseillais soient aujourd’hui les plus grands. Plus de la moitié des abonnements, 28.000, sont vendus par les associations de supporters. Certaines d’entre-eux regroupent les supporters traditionels, comme le CCS ou les „Amis de l’OM“ et se bornent plus ou moins à la billeterie et l’organisation des déplacements. La majorité par contre fait parti du mouvement ultras, regroupant plus de 20.000 abonnés dans les cinq groupes, des Winners jusqu’au Fanatics. Le nom „Ultras“ est cependant réservé au groupe qui lança tout en 1984: le „Commando Ultra ’84“ ou „Ultras Marseille“. Dans le livre édité pour leur 15ème anniversaire, ils comfirment le jugement de Christian Bromberger: „Chez nous, quand on aime, c’est toujours avec exagération, mais c’est peut-être cela qui a porté l’OM au sommets. Marseille, cette ville rebelle, exubérante et bruyante trouve son plus beau moyen d’expression au Stade Vélodrome.“ „Fierté, ferveur, fidelité!“ Il s’agissait d’un groupuscule de supporters, une bande d’amis plutôt, qui s’étaient regroupés autour de Marco Valora, marseillais de provenance italienne, pendant la saison 1983/84, lors du retour de l’OM en D1. Leur but: réanimer le stade souvent désertique et sans ambiance. Leur modèle: les ultras de la Juventus, qui avaient fortement impressionés Valora lors de ses fréquentes visites à Turin. Des supporters munis de tambours, de drapeaux et chantant pendant le match entiers constituaient un phénomène inoui dans les stades français des années 80 – et on ne s’arrangeait pas forcément avec. À Marseille, de nombreux spectateurs se plaignaient du fracas (!) et surtout de ne plus rien voir, car pour les ultras, il était clair: on chante debout! Le stade Vélodrome prévoyant déjà à l’époque uniquement des places assises, les ultras mirent leurs temps à trouver un emplacement convenant à leur nécessités, ils changèrent en conséquence du virage nord au sud en passant par l’aileron – ce dernier un emplacement stratégiquement choisi, car on se postait ainsi en face des caméras de la télé – présence médiatique garantie. Aujourd’hui, les territoires sont démarqués dans les deux virages, chaque groupe a son secteur, balisé aux entrées par les emblèmes divers et des graffitis. Et on reste chez soi, normalement un adhérent d’un groupe ne rentre pas dans le secteur d’un autre. Bien qu’on fasse l’union vers l’extérieur, en déplacement ou quand il s’agit de négocier pour les intérêts des supporters et que les groupes entretiennent des relations au niveau des représentants, les styles et les mentalités diffèrent nettement et chacun „fait son truc“. „Y a pas d’arrangement“ Cela se remarque les jours du match: Cinq heures avant le coup d’envoi, environ 50 supporters par groupe entrent au stade pour préparer le spectacle. Ils se lancent vers leurs secteurs et commencent par monter la sono – chaque groupe a la sienne. On marque les bornes de façon musicale: tandis que chez les CU84, c’est le rock à la „Los Fastidios“, les Winners commencent leur travail au son de „Comandante Che Guevara“ et „Bella Ciao“; chez les MTP résonne le hip-hop marseillais. Entretemps, le matériel amené en fourgon est débarqué, contrôlé et réparti; chaque groupe possède en plus un container au stade. „Mais on y laisse que les petits drapeaux, des trucs pas importants. On ne sait jamais qui vient passer...“, explique Yves, un des fondateurs des Winners et aujourd’hui une sorte de doyen d’age du groupe. Il organise les préparations, instruit les jeunes et veille à ce que tout le monde participe au travail. „Tiens regarde l’autre virage: ils n’ont même pas fait la moitié de leur bachage et y en déjà qui restent assis à rien faire – chez nous, ça n’arrive pas!“, remarque-t’il. La discipline est stricte chez les Winners, à ceux qui ne participent pas assez, on fait comprendre qu’il vaudrait mieux quitter le groupe. „C’est le groupe avant tout, et on transmet des valeurs“, explique Yves. „Le respect, l’amitié, le sentiment du groupe – on fait fonction d’éducateurs. Quand les minots arrivent au local, on leur apprend à saluer tout le monde, ils doivent comprendre que ça se fait comme ça. Mais si ils travaillent bien, on leur passe le micro pendant le match à un moment ou autre. C’est leur récompense, et c’est ainsi qu’on les intègre dans le groupe.“ Le local au quartier de la Belle de Mai est plus qu’un dépôt de matériel et un bureau de coordination. Chez les Winners, on vit l’idée du groupe sept jours sur sept et 24 heures sur 24. Ils ont mis deux ans pour transformer l’ancien dépôt en local ou plutôt: en leur domicile – ici, on est chez soi. Au premier étage décoré à pleines couleurs, on se rencontre au bar, il y un point internet et un grand écran ou les matchs sont retransmis sur le cable - un service pour les membres qui ne peuvent pas partir en déplacement ou qui sont interdit de stade. D’autres qui viennent de l’extérieur, trouvent une chambre pour passer la nuit après les matchs à domicile. À côté, il y a des bureaux pour trois employés fixes, deux d’entre eux payés par le gouvernement dans le cadre de mesures sociales pour les quartiers défavorisés. Le rez-de-chaussée, on travaille: c’est ici qu’on prépare les tifos, les Winners achèvent d’installer un mur de projections et le dépôt de matériel a les dimensions d’un petit marché de bricolage. „Là, vous voyez nos voiles, la plus grande de 120 x 40 mètres. On l’a confectionnée en utilisant l’étoffe du plus grand maillot du monde qu’on avait présenté il y a quelques années, et on l’a sortie pour la finale de la Coupe de France“, dit Yves en présentant la collection avec une certaine fierté. Pour des travaux pareils, on engage des coutouriers ou des maître voiliers, et on a tendance à acheter le matériel en gros. „L’autre jour, il nous manquait quelques mètres de plastique pour fabriquer des petits drapeaux. On a préféré acheter en gros, de toute façon, on en aura besoin un jour.“ Ce n’est pas une question d’argent, „mais on dépense tout pour le groupe et le support“, insiste Yves, impliquant que cela ne soit pas le cas pour tous les groupes – chacun gère son local à soi. „À la vie, à la mort pour mon club!“ Depuis que Bernard Tapie, à l’époque président du club, remit la billetterie au mains des associations de supporters, celles-ci n’ont pas seulement explosé au plan du nombre d’adhérents, elles gèrent aussi des fonds assez importants – à part les abonnements, on vend le stock de gadgets classiques, des fotos et chaque groupe exploite sa propre buvette dans son secteur. Tapie, l’homme business, mena l’OM au sommet du succès sportif, mais en politicien conscient des bases de son pouvoir, il s’y comprenait bien à gagner la faveur des supporters. Avec son apparition populaire, la porte ouverte aux supporters et des cadeaux généreux (soutiens au déplacements, ou pour leurs locaux), il rassembla les supporters derrière lui. „Ce serait trop dire que Tapie ait «inventé» les ultras comme on a parfois entendu parler, il est plutot estimé qu’il a favorisé l’emergence des différents groupes de supporters à Marseille“, estime Nicolas deltort, journaliste sportif independant s’interessant au monde des tribunes „Mais les supporters lui doivent beaucoup car il a été généreux et surtout il a apporté le succés, et la preuve, c’est qu’on l’appelle toujours respectueusement le «boss».“ Lorsqu’en septembre 1993, l’OM se voyait menacé d’exclusion de coupe d’Europe au cours de l’affaire VA-OM, tous les groupes manifestaient ensemble leur soutien à Tapie et à l’OM sur la Canebière, une des artères principales et le „coeur“ de Marseille. Après la rétrogradation de l’OM et la démission forcée de Tapie, les supporters se rangeaient sans condition derrière leur président et sa version du complot mené par Paris: Marseille aurait acquis trop de pouvoir au gout de la capitale – l’OM venait de conquérir son cinquième championnat d’affilée, titre d’ailleurs jamais attribué par la FFF, et aussi son président qui devenait dangereux sur la scène politique française, était devenu une cible à abatre. „Marseillais avant tout“ L’attitude du „Nous contre tous (et tous contre nous)“ fait partie intégrale de la mentalité marseillaise et donc de celle des supporters. Au moindre sentiment d’une attaque de l’extérieur, spécialement de Paris, tous les groupes se rallient, bien que au quotidien, on ne coopère pas forcément. Plusieurs tentatives de créer une association des supporters ont échoué, parfois du à des querelles personnelles, parfois à propos de l’attitude envers l’argent ou envers la politique. „L’ensemble des supporters pencherait peut être plutot vers la gauche“, explique Nicolas Deltort, „mais le degré diffère et on ne peut pas vraiment dire qu’il y ait de la politique en tribune, sinon une identification avec des icones, comme le Ché et sa vision populaire et un sentiment antifasciste pour se démarquer des faschos de Paris et d’Italie“. Du côté des Winners, on se considère décidément antifachiste, ouvrant même de temps en temps le local à des réunions d’organisations politico-sociales, tandis que les Yankees préférent écarter la politique des virages. „Le foot, on veut que ce soit la fête, et rien d’autre“, dédique leur président Lionel Tonini. Les MTP soulignent leur attitude ouverte à tous le monde, les couleurs du groupe sont aussi multiples que la provenance des adhérents. „Chez nous, on accueille tout le monde, on regarde pas la couleur de la peau, la religion, la provenance – pourvu qu’ils veulent mettre le feu et supporter l’OM. Tiens jette un coup d’oeil sur les notres: tous pêle-mêle. C’est ça que nos couleurs symbolisent! Je ne dirais pas que les autres groupes excluent qui que se soit, mais ils sont plus homogènes“, constate le capo des MTP depuis trois ans président du groupe. Là, où les Winners ont choisi le Ché comme figure emblématique, en symbole idéologique, mais aussi parce qu’ils considèrent le support argentin comme modèle, on retrouve Bob Marley sur les bâches des MTP; tandis qu’en haut du virage sud, on transmet le respect et la discipline comme valeurs centrales, ici on vit le oai. Chez les Dodgers, l’ambiance est plutôt familiale. Colette, une des fondatrices du groupe et agée de 67 ans, emmène déjà son petit-fils au stade – un groupe ultra comme „projet troisième génération“. „Je me suis calmée un peu“, dit-elle, „je ne suis plus au milieu du pogo. Remarque que parfois, j’en ai envie…“ „Par contre, t’es toujours celle qui chante le plus fort“, rétorque Gilda, sa collègue qui a encore deux ans de plus. „Toi, tu sais pas faire autrement qu’au premier rang“ – en déplacement aussi, bien sûr. Initialement membres des Yankees, elles quittèrent le groupe, sur un différent à propos du style du groupe et de la gestion des budgets, pour fonder les Dodgers. Le nom fut repris en référence d’un détachement par rapport à l’armée yankee dans la guerre civile américaine. À part le support de l’OM, le groupe s’engage surtout pour des projets caritatifs: chaque année, il participe par exemple à l’action „1 kdo pour 1 minot“ grâce notemment au travail de XIII, vice président de la section des Collegues, qui se démène avec d’autres supporters afin d’effectuer chaque années de telles opérations. Il a ainsi eu un projet pour le Sénégal et prépare une opération caritative pour les enfants de Rosario en Argentine. „Une volonté: vaincre. Une passion: l’OM“ Différence qu’il soit entre le style et l’attitude des différents groupes, par rapport au club et à l’équipe, tout le moment attend la même chose: Toujours se donner à fond. „Un joueur peut être mauvais, ou il peut passer un mauvais moment – pas de problème. Mais il faut qu’il mouille le maillot. Sinon, on ne l’accepte pas!“, afirme catégoriquement Yves des Winners. Les supporters se sont ralliés avec leur club après chaque scandale, mais si l’équipe ne se bat pas, ils mettent la pression: d’abord, les sifflements et les bannières, suivi de grèves des virages. Si cela n’aboutit à rien, ils ne redoutent pas les moyens plus expressifs. Et on sent le mécontentement, actuellement: la finale de coupe de France perdue face au PSG a laissé ses traces. L’ambiance pendant le match contre Strasbourg, plus que chaude à l’échelon allemand, est unanimement jugée médiocre. „Deux points perdus contre un club déjà relégué, la place en ligue des champions envolée, la finale perdue – tout le monde est dégouté“, voilà le sentiment général. Le moral n’est certainement pas remonté depuis, car en n’obtenant que le nul à Bordeaux, l’équipe perd finalement même la place en coupe UEFA. Tandis qu’on s’attaque à l’équipe, les relations avec les représentants du club sont ambigues. Le président Pape Diouf reçoit l’estime des supporters: depuis qu’il a envoyé l’équipe reserve de l’OM à Paris, après que le PSG ait refusé le quota de tickets aux marseillais, on lui fait révérence. « Avec lui, on a des déclarations claires, des conversations où il n’essaye pas de nous manipuler. Et ce que j’apprécie, c’est qu’il n’a vraiment pas peur de nous. Donc il nous dit ce qu’il pense. Les rapports sont clairs et honnêtes, on se tient en respect.», confirme Rachid Zeroual, vice-président des Winners. Par contre, Robert Louis-Dreyfus, le patron du club, est mal vu dans les virages. Les supporters l’accusent de ne pas être présent et de faire trop de promesses ; les années sans titre et sans équipe compétitive lui sont attribuées directement. ZERO titre ou coupe gagné depuis son arrivée, c’est l’image qui lui colle à la peau ! „Un Mythe, une Foi, un Combat“ Leur propre compétitivité, les supporters l’ont prouvée depuis plus de deux décennies dans les virages. Ils se sont formé une position forte et sont respectés par toute la France (sauf peut-être à Paris) comme les groupes les plus grands et les plus fervents; on les prends en compte non seulement à l’OM, mais aussi à la Ligue. La preuve: Frédéric Thiriez, le président de la Ligue lui-même, s’enquérit à deux reprises auprès de Rachid Zeroual (Winners) sur la position des supporters à propos de l’affaire PSG-OM. La base est donc là pour atteindre de nouveaux sommets – faudrait plus qu’une équipe qui y participe… Amis et ennemis Une rivalité très spéciale: OM–PSG Ce que les supporters dans le deux camps considèrent aujourd’hui comme une haine éternelle, est au départ un duel sans histoires. On cherche un contre-part à l’OM dominant la compétition, le PSG y est systématiquement mené par Canal+ et la Ligue. Au milieu des années 80, ont note les premières tensions entre les parisiens qui favorisent le support style anglais et les marseillais qui préfèrent l’ambiance à l’italienne; les conflits entre les skinheads d’extrême droite du Kop de Boulogne et les marseillais penchant vers la gauche accentuent le conflit. Tandis que la rivalité sportive croît, les dirigeants des deux clubs, participent à chauffer l’ambiance – surtout Tapie qui a commencé une carrière politique entretemps. On fait du match un affrontement culturel: le club plastique contre le club populaire, la capitale face à la métropole en province, le nord contre le sud, bourgeois et chic par ici, populaire et traditionell par là. Les supporters s’accrochent, les relations se déteriorent, les échauffourées deviennent de plus en plus nombreuses. En 1997, le Kop de Boulogne met une prime sur la tête de Rachid Zeroual, Capo des Winners; en l’an 2000, le Yankee Geoffrey Dilly est grièvement blessé lorsqu’un supporter du PSG lance un siège dans le secteur marseillais au Parc des Princes. Les mesures de sécurité sont renforcées an par an, jusqu’à en arriver à des interdits de déplacement. Aujourd’hui, il n’existe pas de match en Fance qui fasse plus bouger: les supporters neutres, la police – et surtout les supporters des deux camps pour qui l’affrontement constitue le challenge maximum: sur les tribunes, mais aussi en dehors. ENNEMIS AS Saint-Étienne : Une rivalité au départ sportive, on considère les stéphanois un adversaire respecté. Les marseillais reconnaissent la qualité des tifos, mais on ne s’aime pas. Les matchs à St. Étienne sont classés matchs à risque, ayant donné lieu à des échauffourées à plusieurs reprises. Girondins de Bordeaux : La rivalité sportive du tournant des annèes 80/90 est renforcée par l’intense rivalité entre les patrons Bez et Tapie. En octobre 1989, 200 Ultras parviennent à entrer au stade malgré le refus du quota de ticket par les Girondins. 10 ans plus tard, les supporters marseillais chantent la chanson du „Duc de Bordeaux“ pendant la minute de silence pour Claude Bez – „il y a des haines qui seront toujours tenaces“, commente le Commando Ultra. Les matchs à Bordeaux sont également classés à haut risque, les supporters marseillais sont interdits d’aller en ville. Toulon : Derby très houleux des années 80, Toulon est hors de vue en championnat national. Nice n’a pas vraiment pu prendre la relève pour le caractère derby des matchs. AMIS Il n’existe pas d’amitié spéciale qui serait porté par l’ensemble des supporters marseillais, les contacts se font plutôt par groupes. Le CU84 a des relations très amicales avec les Ultras Tito Cucchiaroni de la Sampdoria, las bâches et les drapeaux des deux groupes ont été présenté joints à maintes reprises dans les deux stades. On a vu pas mal d’autres groupes bâcher dans le secteur CU84, entre autre St. Pauli et Nuremberg, ce qui en France a fait remporter aux Ultras Marseille la réputation de se faire draguer un peu par tout le monde. Les Winners et les Dodgers ont des sympathies pour les supporters du Genoa 1893, celui-ci étant le club populaire de Gênes. Mais en principe, la position est claire: „Nous, on ne va pas chercher, mais y en a plein qui veulent venir voir chez nous. On les accueille hospitalement, et c’est tout.“ Position similaire chez les Yankees, suivant leur président Lionel Tonini: „On avait des contacts superficiels avec Naples, mais à notre avis ça tourne mal en Italie en ce moment. Il y a un dévelopement vers la violence, et on n’est pas d’accord. Donc, on préfère rester entre nous – Marseille, un point, c’est tout. Il y a assez à faire ici.“ Depé – un mythe marseillais „Qui c’était Depé? Ben, Depé, c’était Depé. Une légende. Tout le monde veut être comme lui. Il est notre modèle.“ Rachid, l’actuel président des MTP, a visiblement du mal à décrire le fondateur du groupe – on sent le respect profond qu’on lui apporte. Indépendemment du virage ou du groupe, Depé est l’idole, le héros. En 1987/88, lors de son premier match au Vélodrome, Patrice de Péretti se retrouve parmi les Winners – la ferveur le prend. Il s’intègre au groupe et devient rapidement un des capos, son signe de reconnaissance: Il est torse-nu. Toujours. Que ce soit à moins cinq à Moscou ou sous le soleil d’août au Stade Vél. Et quand l’OM joue, il est sur place. Toujours. À partir de 1991, il ne manque pas un match, que ce soit la coupe d’Europe, la ligue, la coupe ou un amical. Sa ferveur est indomptable et contagieuse, les autres le considèrent comme le supporter numéro 1. Bernard Tapie lui offre sa médaille de champion d’Europe et l’invite à la finale intercontinentale à Tokyo – déplacement jamais réalisé dû aux sanctions contre l’OM. Après six ans avec les Winners et la rétrogradation forcée de l’OM, Depé est à la recherche de nouvelles tâches: Il veut mettre le feu au virage nord et fonde Marseille Trop Puissant. Un nom qui ne semble pas démesuré vu qu’un jour lorsqu’il est interpelé par la police, l’équipe olympienne refuse de jouer – Tapie obtient finalement sa libération. Lorsqu’il décède le 28 juillet 2000 après sept ans à la tête des MTP, il laisse un groupe avec près de 3.000 membres – et un vide que personne n’a pu ni voulu remplir. En l’honneur du „fou torse-nu“, les supporters rebaptisèrent le virage nord „Virage Depé“; une plaque commémorative rappele le hèros du mouvement ultra marseillais. Les faits Les „Associations de Supporters“ Tous les groupes sont des associations régies par la loi. Les présidents sont génnéralement élus par les bureaux et les membres actifs. CCS (Club Central Des Supporters) Fondé: 1972 Emplacement au stade: Virage Nord à côté des Yankee Membres : 2.000 en 18 sections (inclus 1 aux États-Unis) Local: Brasserie des Allées, 45, allée Léon Gambetta, 13001 Marseille Tel.: +33-4-91508900 Fax: +33-4-91501800 Internet: www.ccs-marseille.com L’association la plus ancienne est fondée en 1972 sous le nom de Club des Supporters Marseillais. Elle est la première à organiser des déplacements. Le fondateur Jacques Pélissier, surnommé Pelo, était un original sur la scène des supporters marseillais qui avait déjà suivi l’OM lors des succès des années 70, connaissait plein d’histoires et toutes les stats. Les groupes ultras le considéraient un „supporter d’une autre génération“, mais lui payent le respect avec un hommage dans les virages après son décès le 5 janvier 2006. COMMANDO ULTRA ’84 (Ultras Marseille) Fondé: 31 aout 1984 Membres: 4.500 en 20 sektions en France, 1 sektion en Suisse Emplacement: Bas du Virage Sud Emblème: Tête de mort, le poing de Zeus Local: 46 bd Michelet, Marseille Tel.: +33-4-91771528 Fax: +33-4-91771523 Internet: www.ultras-marseille.com Le groupe ultra le plus ancien à Marseille et en France. En 1985 le Commando change officiellement son nom en „Ultras Marseille“ sur intervention de l’OM à qui le nom et l’emblème parassaient trop guerriers. Débutant en 1984 avec une cinquantaine de membres, le groupe dépassait les 1.000 adhérents en 1990. Pour son 15ème anniversaire, il publie la chronique „Ultras Marseille – l’histoire depuis 1984“ avec de nombreuses photos. En plus de leur local, les Ultras gèrent la boutique virage sud, ou ils vendent leur propres gadgets (il existe une collection adidas spéciale „UM“) et ceux de l’OM. Longtemps le premier groupe à Marseille, il se trouvent aujourd’hui à une période charnière où la relève doit s’affirmer, selon une déclaration sur leur site internet. YANKEE NORD Fondé: 1987 Membres: 5.000 Emplacement: Bas du Virage Depé Local: 11, rue venture, Marseille Tel.: +33-4-91547912 Fax.: +33-4-91547189 Internet: www.yankee-nord.com Fondé il y a 19 ans par une bande d’amis autour des frères Tonini. Il a été dit que les yankees recrutèrent leurs membres essentiellement dans les quartiers du nord de Marseille. Pour cela, et parce que leur emplacement au stade et dans le virage nord, ils choisirent le nom de Yankees, l’armée du Nord dans la guerre civile américaine. En même temps ils prenaient leur distance sur le CU84 qui présentait parfois les drapeaux des armées confédérées. Pareil à la plupart des groupes, ils passèrent les 1.000 adhérents début des années 90; aujourd’hui il sont le second groupe. Leur mentalité se calque sur le modèle des supporters de rugby: „Au stade pendant le match, il y a que l’OM, mais après le match, il faut qu’on puisse faire la fête ensemble“, dit Lionel Tonini. „Par rapport au support, nous nous considérons des Ultras, mais il faut que le foot reste une fête. Il y trop de gens qui oublient cela aujourd’hui.“ SOUTH WINNERS ’87 – Kaotic Group Fondé: 1987 Membres: 5.500, 1 sektion au nord de la France: „Winners 51“ Emplacement: En haut du Virage Sud Local: 100 rue Loubon, Marseille Emblème: Che Guevara, Gremlins, Bull Dog Tel.: +33-4-91058516 Internet: www.sw87.com Fondé par des jeunes du 2ème et 3ème arrondissement de Marseille, le nom se réfère à leur premiere bâche „Win for us!“ et leur emplacement au stade. En 1989, lors d’un PSG- OM, ils retournent leurs bombers en manifestation antifachiste contre les skinheads du kop of boulogne. L’orange des bombers devient petit à petit la couleur emblématique du groupe marquant gadgets, tifos et bâches. Il sont le seul groupe en Europe à utiliser une couleur différente de celles de leur club (bleu et blanc pour l’OM). Fédérés pendant plusieurs années avec les Fanatics et le CU84 dans l’association „Supporters Phocéens“, la coopération est terminée sur un différent à propos de l’emplacement au stade. Aujourd’hui, les Winners ne forment pas seulement le plus grand groupe marseillais, ils se considèrent aussi le „moteur“ des virages. FANATICS Fondé: 6. Avril 1988 Membres : 1.500 Emplacement: En haut à droite, Virage Depé Local: 98, rue Stanislas Torrents, Marseille Emblème: dragon Tel.: +33-4-91531988 Internet: www.fanatics-marseille.net Partis d’un bar, les Fanatics se présentent la première fois lors de la demi-finale de coupe d’Europe contre l’Ajax. De la seconde Nord Ganay, ils changent rapidement vers le virage sud, ou ils se regroupent avec les Winners et les CU84 pour former les Supporters Phocéens. Après des conflits internes, le groupe manque de se dissoudre cinq ans plus ans, les relations avec les autres groupes sont tendues. Après leur retour au virage nord, les Fanatics se stabilisent et ouvrent leur propre local en 1999. Aujourd’hui, presque personne des membres fondateurs est encore actif auc sein du plus petit groupe marseillais. DODGERS Fondé: 26 mai 1992 Membres: 2.500 en 12 sections Emplacement: Haut du Virage Depé entre les Fanatics et les MTP Local: 3, place Joseph Étienne, Marseille Tel.: +33-4-91449357 Internet: www.dodgers1992.com Fondé par une partie de l’ex-bureau des Yankees qui avait quitté le groupe en querelle sur la gestion des budgets, les Dodgers ont du se battre, parfois littéralement, pour être reconnus – auprès du club, mais aussi dans le virage. De nombreuses activités sociales comme des lotos et des collectes caritatives font partie de la vie de groupe; leur site internet est le seul à se présenter en français et en provençal. MTP (Marseille Trop Puissant) Fondé: 1994 Membres: 3.000 Au stade: En haut à gauche du Virage Depé Local: 24–31, rue des Trois Mages, Marseille Emblème: la pieuvre, le loup, Bob Marley Tel.: +33-4-91484480 Lorsque la foi et le support ont tendence à baisser après la rétrogradation forcée de 1993, le mythique Depé, un ex-Winner, fonde les MTP pour donner un signal et pour porter l’ambiance chaude du sud dans le virage nord. Au cours des déplacements dans les tristes stades de la D2 „aux trous du cul du monde“, le groupe gagne rapidement en notoriété; après le retour en D1, le nombre d’adhérents explose. En coopération avec la „Caravane des Quartiers“, le groupe s’efforce à intégrer les jeunes des quartiers défavorisés. Démarré à 10 membres, le groupe en a 3.000 aujourd’hui, la base du groupe étant toujours le quartier de La Plaine, où se trouve leur local. CLUB DES AMIS DE L’OM Membres: 3.550 Local: Restaurant Chez Albert, Plan de Campagne, Cabriès Tel.: +33-4-42025183 Association de supporters traditonel, qui se limite plus ou moins à la billetterie et à l’organisation de déplacements. Le noyau se retrouve sur le secteur extérieur en haut du virage sud, mais les membres se répartissent sur toutes les tribunes. Affluences 2000 D1 51.918 2001 D1 50.785 2002 L1 50.072 2003 L1 50.813 Pendant les deux ans en D2 1995 D2 18.794 1996 D2 17.959 Le stade Le Stade Vélodrome, 60.000 places assises, réaménagé pour la coupe du monde 1998. Les supporters déplorent la perte de l’ancien „Stade Vél“, beaucoup plus étroit et en conséquence plus favorable à une ambiance très chaude. Souvent promis, surtout en campagne électorale, le toit revendiqué par les supporters n’a toujours pas été réalisé et en semble pas prêt de l’être. Billeterie / Adhésion „C’est votre virage, eh bien, occupez-vous en!“, decrète Bernard Tapie, lorsqu’il met la billeterie en main des associations de supporters. Chaque groupe vend les abonnements pour son secteur; les associations et le club veillent à un prix populaire, actuellement d’ailleurs parmi les moins chers en France. L’OM vend l’abonement à 100 Euros aux associations qui ajoutent leur cotisation. Chez les Winners p.ex., il s’agit de 15 euro de cotisation et 15 de plus pour recevoir le magazine. En achetant un abonnement par une association, on adhère automatiquement, mais il est également possible d’être membre sans abonnement. Le quota de tickets pour les déplacements, souvant très limité, est distribué aux groupes en fonction de leur nombre d’adhérents. Les tickets non vendus sont retribués au club adverse par l’OM. Magazines : OM Plus, magazine des supporters vendu sur toute la France, tirage 40.000, deux emplois fixes. Initialement un magazine de l’OM, il est repris par les Winners après s’être trouvé en difficultés financières l’an passé. Depuis y est intégré le magazine des supporters „Massalia 2600“ avec des pages de nouvelles de tout les groupes Fanzines : Le magazine des Ultras, Commando Ultra ’84 Fanatics Massilia, Fanatics Révolution Orange, South Winners (aussi en ligne) O.D.E.C (On doit être capable), MTP Les chants Hissez haut, les drapeaux (sur la mélodie de „Santiano“) Allez l'OM, allez marseillais, hissez haut, les drapeaux. Tous unis sous les mêmes couleurs, le virage reprendra en coeur, Allez l'OM, allez marseillais, hissez haut, les drapeaux. Tous unis sous les mêmes couleurs, le virage chante avec ferveur. Aux armes! (un virage répond à l’autre) Aux Armes, aux Armes Nous sommes les marseillais Et nous allons gagner Allez l'OM, allez l'OM On trouve un grand repertoire, en partie en mp3, sur www.om-passion.com/chants Sites internets intéressants : www.ohaime.com www.opiom.net www.curva-massilia.com www.om-passion.com www.supporters-de-marseille.com |
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