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Interviews et articles
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Interviews et articles > Victor-Hugo Montano De Cali à Montpellier A travers cet entretien avec le jeune attaquant colombien du MHSC, on découvre un passionné de football qui a la foi en soi et en son club. Victor est conscient que sans le football il ne serait peut être pas sorti des quartiers malfamés de son pays. Désormais il vit un rêve en France et au club où un certain compatriote avait fait vibrer la Butte Paillade… ![]() Victor, peux-tu nous raconter d’où tu viens en Colombie et comment as-tu commencé à jouer au football ? J’ai toujours vécu à Cali ou j’ai grandi et commencé à jouer dans un quartier très dur, où il y avait beaucoup de violence, de drogue, mais où aussi il y avait beaucoup de jeunes très doués pour le football. Je pense qu’en Colombie comme ailleurs, les meilleurs joueurs sortent de ces quartiers pauvres où pour survivre le meilleur espoir c’est le football. Avec le soutien et l’aide de mes parents, j’ai commencé à l’age de 9 ans en même temps que mon frère aîné. Le foot est une passion pour moi, sans lui je ne pourrais pas vivre et je ne saurais pas quoi faire d’autre. Ton prénom a t’il quelque chose à voir avec le célèbre écrivain français ? Tout le monde me le demande mais c’est un choix sans arrière pensé de la part de mes parents. Cela me fait plaisir de porter le nom d’un tel personnage et quand je vais à la poste ou montre ma carte d’identité cela fait parfois rire les gens de voir un colombien s’appeler ainsi. Peux-tu nous dresser un portrait du football dans ton pays ? C’est très important, il y a beaucoup de passion. En tant que joueur tu mouilles le maillot car tu sais qu’il y a des gens qui se privent de manger pour venir au stade. Les clubs n’ont pas beaucoup d’argent non plus, mais c’est un championnat très technique dont le niveau de jeu a beaucoup augmenté avec l’éclosion de jeunes, le retour d’anciens internationaux et la présence de beaucoup de brésiliens. Je dirais que ça vaut le détour ! Tu as commencé aux Millonarios de Bogota. Les matchs sont chauds entre équipes rivales de ton pays, non ? A Bogota, la rencontre de l’année c’est le clásico contre l’autre équipe locale, Santa Fé. C’est un match à part. On doit tout donner sur le terrain et jouer ‘a muerte’. Ils se fichent que tu perdes toute l’année pour peu que tu gagnes le clásico. La pression des supporters avant le match est énorme, il y a souvent des bagarres entre eux. La violence est le mauvais côté du football colombien, mais bon ils te soutiennent avec une énorme ferveur. Tu es arrivé très jeune en France, comment cela s’est t’il passé et n’as-tu pas eu du mal à t’adapter ? J’ai joué le mondial des moins de 20 ans avec la sélection colombienne aux Emirats Arabes il y a 3 ans et Istres décida de me faire venir. Au début cela a été très dur aux entraînements car je ne comprenais rien et je souffrais de ne pas comprendre les blagues de mes partenaires. Des fois j’avais envie d’en pleurer car je ne me sentais vraiment pas chez moi. Puis avec des cours de français je me suis senti mieux, plus heureux et aujourd’hui je suis bien intégré. Que penses-tu de la France et de Montpellier sur le plan de ta vie personnelle ? Pour moi c’est un rêve que d’être en Europe et par-dessus tout en France. C’est un pays que je respecte beaucoup et où l’on peut vivre tranquillement. J’ai mon frère ici et il existe une communauté Colombienne au sein de laquelle j’ai connu ma petite amie. On parle beaucoup entre nous et on se fait des bons repas exotiques. De plus à Montpellier le climat est comme à Cali, il ne fait pas trop froid alors je me sens comme chez moi même si cela reste bien sûr très différent de ma Colombie. Et sur le plan footballistique ? Ici au MHSC il y a tout, des terrains quand tu en as besoin, une direction technique et un personnel qui t’aident toujours et pour qui j’ai beaucoup d’affection. Ce club possède l’infrastructure et des gens méritant d’avoir une équipe en Ligue 1. Le championnat est très fort et il est d’ailleurs beaucoup suivi en Colombie. Quand tu es arrivé au club, tu as revendiqué ne pas être un buteur. Pourtant les gens attendent de toi de plus marquer… C’est vrai. J’aime beaucoup courir, garder le ballon et participer. En France j’ai appris à joueur à 1-2 touches de balle et j’ai aussi compris qu’il fallait que je marque plus car pour un attaquant au final de la saison les gens regardent avant tout combien de fois tu as marqué. Je sais que j’ai les qualités pour marquer plus souvent et je travaille avec ‘el profe’ dans cette optique là. Mais le plus important reste que l’équipe gagne. Comment juges-tu la saison du club et comment vois tu la fin de ce championnat ? On a obtenu des bons résultats quand on a réussi à devenir une équipe plus compacte, plus unie et concentrée sur nos objectifs. On est jeune mais on a l’envie et on est convaincu de pouvoir bien faire. Il faut continuer à lutter et à travailler dur comme on le fait actuellement car en football tout est possible. Cela va être dur mais on peut monter en L1. Quelle est ta situation avec le club et penses tu rester en fin d’année ? Personnellement je veux rester car c’est un club qui me donne tout et j’ai des supers partenaires. Mais tu sais que cela dépend aussi de mes prestations sur le terrain. Avec l’aide de dieu et de mon travail, j’espère rester. Il semble que Dieu soit très important pour vous les sud-américains ? Oui dans ma famille on croit beaucoup en dieu. Avant et après les matchs et les repas,je prie toujours pour le remercier d’être en vie, en bonne santé comme le reste de ma famille, et d’avoir un travail pour m’exprimer. C’est grâce à lui que nous avons suivi le droit chemin. Carlos Valderrama, pas loin d’être un dieu, est une véritable icône en Colombie, non ? Oui c’est vraiment la star, le numéro 1 pour les gens. ‘El Pibe de Oro’, comme on le surnomme, a beaucoup donné à la Colombie et il a donné l’exemple aux jeunes de par sa personnalité exemplaire. Le joueur m’a impressionné car il n’a jamais changé son style de jeu si particulier. Tu dois savoir qu’il a joué ici à Montpellier ? Oui bien sûr et tout le monde m’en parle. Il a vraiment laissé une bonne image ici et c’est important pour moi d’en faire autant. La Colombie n’est pas qualifiée pour le prochain Mondial. Vas-tu quand même supporter une équipe et as-tu un favori ? Quand la Colombie ne joue pas je supporte toujours les équipes sud-américaines et surtout le Brésil et l’Argentine dont j’aime beaucoup le jeu. En Europe j’aime bien la France qui a prouvé qu’elle pouvait gagner ce genre de compétition et qui possède des grands joueurs avec beaucoup d’expérience. Alors on verra… Nicolas Deltort (ActuFoot34, N°7 – Mars 2006) |
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