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Interviews et articles > Marcelo Gallardo

Buenos Aires, Mars 2006

«Cela ne me dérangerait pas du tout de revenir en France »

L´ancien monégasque semble être à 30 ans à son meilleur niveau. Aux abords du stade Monumental, l´actuel capitaine de River est revenue pour Actufoot sur sa carrière en France et sur son amour pour River et le football argentin. Et El Muñeco a toujours l´ambition de rejouer en sélection mais visiblement pas autant de revenir en France.



Bonjour Marcelo. Peut on revenir sur ta carrière à Monaco, que t´en reste t´il ?
Que des bons souvenirs de 4 années superbes, pas seulement au niveau footballistique mais aussi sur le plan humain. Ce fut une superbe expérience pour moi et ma femme. J´ai eu le plaisir d´y retourner l´an dernier et j´ai toujours des très bon amis là bas.

Quel a été ton meilleur moment sur le terrain avec l´ASM ?
Sans hésitation ce fut le titre de champion qui restera pour toujours dans ma mémoire car c´était ma première année en europe. J´ai eu la possibilité de jouer dans une équipe de haut niveau, tout fut vraiment parfais cette année là. Sur l´ensemble des 3 ans, footballistiquement, cela a été positif.

Tu ne voudrais pas revenir jouer en France ?
Je ne sais pas...Car après 3 ans là bas j´ai senti q´un cycle était fini, que j´avais besoin de retrouver mon pays et pour une question d´affectif mon club de River où j´ai débuté et où tout le monde m´aime. Ce sont des sentiments qui n´ont pas de prix. On ne sait pas ce qui peut se passer demain alors il faut en profiter et aller là où l´on prend le maximum de plaisir. Mais cela ne me dérangerait pas du tout de revenir en France un pays qui m´a permis de progresser et d´apprendre beaucoup de choses à tous les niveaux. Sinon au moins pour revoir les amis !

Il semble que le relationnel est très important pour toi. Est tu parti de Monaco à cause de possibles problèmes avec l´entraîneur d´alors, Didier Deschamps ?
Non pas du tout, je ne garde aucune rancœur vis à vis de personne. Je pense que c´était un choix pour le bien de l´équipe, même si je l´ai vécu comme une déroute car j´avais encore un an de contrat. J´avais alors la possibilité d´aller à Marseille quand les dirigeants sont venu me parler de leur intérêt mais quand l´opportunité de retourner à River s´est présenté j´ai tout fait pour revenir ici.

Parlant de Marseille, tu ne dois pas en garder un bon souvenir, c´est le problème de la bagarre dans le tunnel qui empêcha ton transfert ?
Non, Monaco s´opposa à mon transfert. Mais c´est vrai que ce qui se passa ce jour là est le pire moment de ma carrière, quelque chose que je ne souhaite à personne de vivre dans sa vie.

Tu es donc revenu à River avec qui tu a gagné 8 titres, raconte nous un peu ce que cela fait de jouer pour La Banda Roja ?
Je suis né au club, c´était un rêve car c´est un grand d´Amérique du sud et qui m´a donné la possibilité de jouer au premier plan et d´intégrer la sélection. Jouer ici est quelque chose qui ne peut pas s´expliquer, le football argentin se vit avec une passion énorme à tous les niveaux. Il est impossible d´expliquer ce que c´est à une personne étrangère. Il faut venir ici pour voir comment c´est impressionnant.


Toi aussi tu le vis avec la même passion que les gens dans les tribunes et cela se voit quand tu marques un but...
Oui, que je marque sur penalty ou du cul je célèbre avec mon âme, je donne tout car marquer est ce qu´il y a de plus beau. Il faut apprécier l´importance des buts.

Et marquer dans un superclasico élève un joueur au rang d´idole pour la vie non ?
Totalement. Tu sais ces Matchs Boca River sont plus qu´une rencontre de foot. Les 2 clubs te donne la possibilité de vivre des sensations uniques. Il y a une telle rivalité entre les supporters qui s´en régalent d´ailleurs. C´est un match qui se vit toute l´année avec beaucoup d´intensité. Je suis reconnaissant et orgueilleux de pouvoir évoluer dans un tel cadre.

Comment c´est passé le match de dimanche pour toi, tu étais blessé non ?
Cela a été difficile, mais je voulais jouer coûte que coûte car on ne peut pas manquer ce match là. Peu importe que j´ai aggravé ma blessure et que je sois blessé pour les 2 prochain match.

La passion autour de se match est souvent démesurée voire à la limite de la violence non ?
Oui c´est trop, tu ne peux pas imaginer. Chaque fois notre bus est pris à parti et c´est la routine de se cacher sous nos sièges pour éviter les débris de glasses et les pierres qui volent...

Sur le plan international, River espère gagner sa 2nd Copa Libertadores cette année. A en croire les superstitieux, cela devrait se faire puisque c´est une année en 6 comme en 86 et 96, années des 2 dernières victoires...
Oui ici les gens accordent beaucoup d´importance à ce genre d´anecdotes. Plus sérieusement, nous voulons gagner le championnat et la Copa mais cela va être difficile physiquement d´autant plus que l´on a des blessés. Mais on va lutter avec toute ce que l´on a.

Et la sélection, tu as toujours l´ambition de joueur le Mondial ?
Tout le monde a l´ambition de joueur car c´est une sensation immense de revêtir le maillot albiceleste. A 30 ans je pense toujours pouvoir progresser et apporter. Cela serait le point culminant de ma carrière ce mondial. Mais cela va être difficile d´entrer dans ce groupe.

Comment vois tu la sélection dans ce Mondial ?
On a une superbe équipe avec des super jeunes en pleine phase de maturation logique. Personnellement j´espère qu´ils vont faire un grand Mondial, et part là je veux dire aller en Finale car un ¼ de finale ne signifie rien pour le peuple argentin. Nous avons le potentiel mais un Mondial c´est très difficile, c´est un mois pendant lequel il faut tout donner et être prêt à tout affronter.

Muñeco, Pourquoi te surnomme t´on la poupée ?
Quand j´ai intégré l´équipe professionnelle de River à l´age de 15 ans j´étais petit et j´avais le visage d´une poupée alors on m´a surnommé ainsi. Et en Argentine quand on te donne un surnom, il te suit toute la vie.


Nicolas Deltort (ActuFoot06, N°200 – 31/03/2006)