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Interviews et articles > Football Argentin : Passion et démesure ! Football Argentin : Passion et démesure ! Nicolas Deltort (ActuFoot06, N°200 - 31 Mars 2006)
Le football gaucho pourrait simplement se résumer ainsi : il est l'image de deux courants footballistiques qui divisent la nation depuis près de 20 ans et dont les pères spirituels se nomment Menotti et Bilardo. Menotistas ou Bilardistas ? En d'autres termes : Adeptes du beau jeu ou de l'antifootball où seul la victoire est belle ? Quelles que soient les époques, le football argentin a été un mix de ces deux expressions de jeu qui reflètent les origines du peuple argentin : la technique et le football spectacle sont typiquement sud-américains, le jeu dur et la malice puisent certainement leurs sources dans l'origine italienne de beaucoup de ses citoyens. Comme dans beaucoup de pays, le football a été amené ici grâce aux membres d'équipages de bateaux anglais, ceci au milieu du 19e siècle. Le premier match entre " casquette blanches " et " casquettes colorées " eu lieu en 1867. Des Clubs mythiques Le premier club à avoir vu le jour fut Gimnasia La Plata en 1887 et c'est aussi la plus vielle institution sportive d'Amérique du Sud. Ce club, où joua le jeune Delio Onnis avant son arrivée en France, ne compte pourtant aucun titre à son actif. Il termina encore une fois 2e du dernier championnat et il fait figure de Poulidor face aux institutions majeures du football argentin. Il est commun de parler des 5 Grands du championnat. Boca et River sont les plus prestigieux de part leurs succès et leur popularité. River se considère El Más Grande (1) du fait qu'il soit le club argentin ayant gagné le plus de championnats, 32. La rivalité fratricide entre les deux clubs porteños est d'autant plus grande qu'elle est souvent présenté comme opposant deux classes sociales distinctes. Elle tient en halène tout le pays durant les 365 jours de l'année dont le point d'orgue est le Superclásico, match durant lequel l'ambiance est supposée la meilleure au monde. Independiente, Racing et San Lorenzo sont aussi considérés comme Grands de part la présence de leurs nombreux supporters à travers tout le pays. À Avellaneda, quartier de Buenos Aires, la rivalité est aussi énorme entre Les Diablos Rojos d'Independiente et le Racing Club. Outre la promiscuité de ces deux clubs, les stades n'étant séparés que d'une 50aine de mètres, leurs origines pourraient expliquer cette guerre de cent ans. Independiente tira les couleurs de son maillot suite à la tournée du club anglais de Nottingham Forrest en Argentine, tandis que le Racing décida de son nom après qu'un de ses fondateurs ait lu le journal français " L'Auto " qui mentionnait une victoire du Racing Club de France. Les deux de Avellaneda présentent une tradition d'équipes jouant bien et une histoire riche en titres. Aujourd'hui le Racing est toujours surnommé L'Acadèmia, suite à la qualité des équipes qu'il sorti dans les années 40, mais le véritable apôtre du beau jeu en Argentine est bel est bien Independiente. Racing peut se targuer d'être le 1e club argentin devenu champion du monde en 1968, mais la tradition de Buen juego (2) permit à Independiente de rester longtemps le Roi des Coupes et d'acquérir son autre surnom, L'Orgueil national. Le Real Madrid, Milan et plus récemment Boca ont cependant dépassé les Diables au nombre de trophées internationaux remportés. Le dernier des Grands est San Lorenzo, surnommé Le Corbeau (c.f. couleur vestimentaire de son fondateur El Padre San Lorenzo). Le club accumula les titres, notamment grâce à une fameuse équipe, El Ciclón, mais désormais les azulgrana ne dévastent plus grand chose sur son passage et leurs résultats ne sont pas à la hauteur de l'histoire du club. Si vous ne supportez pas un de ces Grands, il y a de forte chance que vous suiviez votre équipe locale. Buenos Aires a vu naître beaucoup d'autres équipes de quartier comme Lanús, Banfield, Quilmes, Arsenal de Sarandí, Argentinos Juniors ou Vélez Sársfield. Arrêtons nous sur ces deux derniers clubs. Argentinos Juniors a des allures de AJ Auxerre car le club est considéré comme la véritable école du football gaucho, ayant sorti les Maradona, Redondo, Riquelme, Sorín ou Cambiasso. Quant à Vélez, l'ancien club de Omar Da Fonseca est souvent mentionné comme le 6e Grand du pays de part son énorme succès sous l'ère Carlos Bianchi dans les années 90. En effet, elles virent le club tout gagner sur le plan national et international. Mais Vélez gardera toujours sont statu de club de barrio, car il ne compte que peu de supporters en dehors du quartier de Vélez Sársfield (nom de l'homme de loi qui mit en place le code civil argentin). Hors de la capitale, les clubs les plus importants se trouvent dans les grandes villes de La Plata, Rosario, Santa Fé ou Córdoba. Ces villes, très fútboléra, sont le théâtre d'une rivalité d'autant plus épicée que la suprématie ne s'y joue souvent qu'entre deux équipes, contrairement à Buenos Aires et ses 20 clubs (dont 10 de 1e division). Lors du dernier tournoi Apertura de 2004, les gens de la Plata ne dormaient plus. De par l'excitation d'un possible 1e titre pour les fans de Gimnasia, ou par peur comme pour les fans de Estudiantes, malades du succès de leur ennemi. Gimnasia perdit finalement le titre face à Boca. Les Pincharattas (3), supporters d'Estudiantes, sortirent alors tous dans la rue pour célébrer comme un jour de victoire historique ! Histoires de Paternité Les défaites des uns peuvent donc être source de plaisir intenses pour les autres et il existe aussi une histoire de Parternidad (paternité) très importante entre les divers clubs. Les médias ne manquent pas de faire le décompte des victoires et défaites entre clubs, et ils génèrent ainsi une hiérarchie Père/Fils entre les équipes. Boca, qui dans son histoire a plus souvent gagné que perdu contre River, peut se venter d'être le Papa des Millonarios. Ce décompte présente une grande importance surtout chez les supporters. Ceux-ci ont ainsi l'occasion de toiser leurs adversaires et notamment à l'approche de Noël quand un championnat gagné devient le cadeau de Papa (Noël) ironiquement dédié en chanson à tous ses Fils. A ce petit jeu là, San Lorenzo, qui est le Grand à n'avoir jamais gagné la Copa Libertadores (4), peut tout de même se venter d'être le seul club à détenir la Paternité sur Boca. Le clásico San Lorenzo-Boca a ainsi une saveur particulière et il fait figure de match de l'année pour les fans du Corbeau. L'année divisée en deux championnats et favorisant les Grands Le football argentin sacre deux champions chaque année depuis 1990 et ceci à la fin de matchs aller (Tournoi d'Ouverture, Aout-Décembre) et retour (Tournoi de Clôture, Février-Juin). Cette particularité est le fruit du désir de la Fédération de donner aux gros clubs plus de chances d'obtenir un sacre qui génère des gains non négligeables. Afin d'avoir un championnat en bonne santé, il est donc nécessaire de s'assurer de celle des Grands. L'AFA ira même plus loin en instaurant un système de descente en 2e division assurant aux ténors du championnat de ne pas subir El Descenso (5). En effet, seulement trois équipes sont reléguées chaque trois ans et selon un calcul de la moyenne de points engrangés par chaque club durant cette période. Ainsi, si il est possible qu'un Grand ait une " année sans ", il est fort peu probable que cela se reproduise 2 ou 3 années de suite. Cette mesure fut prise après que le Racing fut relégué en 1983. C'était une véritable catastrophe sportive et économique pour le club et le championnat lui-même qui ne pouvait plus jouir, ni des grand derbies impliquant le Racing, ni des affluences assurées par ces clásicos. Stades et Supporters Quand on pense au football argentin, les noms de stades mythiques viennent à l'esprit comme la Bombonera ou le Monumental (surnoms mieux connus que l'appellation officielle des stades de Boca et River). Si le Cilendro de Racing a des allures de petit Maracana, le plus beau stade est certainement celui de Vélez dont la réputation de bastion acquise dans les années 20 lui valut l'appellation El Fortín (Le Bunker). Les supporters des différent clubs ont aussi leur dénomination : ceux de Boca sont " Les Bouseux ", à cause de l'odeur nauséabonde du port de La Boca qui inonde tout le quartier. " Les Poules Mouillées " est celui des fans de River qui doivent regretter la période de leur histoire durant laquelle leur équipe ne cessait de perdre contre Boca par manque de courage lors de parties très engagées. Il y a aussi des appellations pour le groupe majeur de fans qui forment la hinchada, ceux qui mettent le feu à la Populaire et dont certains sont les parfois violent barras bravas. Ceux de Boca forment La 12, ou le 12e homme, River a ses Saoulards des Gradins, Gimnasia sa 22, San Lorenzo sa Gloriosa, Rosario Central ses Guerreros ou Racing sa Guardia Imperial pour ne nommer qu'eux. Chaque barra brava a son leader et compte 200 à 300 membres pour les grands clubs. Il est de notoriété publique que les dirigeants payent ces groupes de supporters pour venir mettre l'ambiance. Si tel n'était pas le cas les barras les menaceraient ainsi que leur famille... A chaque match ils peuvent recevoir jusqu'à 15000 pesos qu'ils se répartissent entre eux en plus des tickets gratuits qu'ils revendent au marché noir dans la rue. Un vrai business. Un jour de match, le gros de la foule arrive bien 2h avant le coup d'envoi afin de trouver une place décente. Quant aux tambours de la barra, ils ne raisonnent sous la tribune que peu avant la rencontre et les durs ne font leur entrée (très remarquée) que juste avant le coup d'envoi. Tel un escadron entrant au rythme des grosses caisses, drapeaux et parapluies à bout de bras, cela donne des allures de bataillon allant au champ de guerre. Ce spectacle donne la chair de poule. A l'entrée des joueurs, le spectacle est grandiose. C'est le rite des papelitos, féerie de petits papiers lancés dans le ciel agrémentée de bombes agricoles, et de fumigènes qui servent de cotillons alors que la barra met la musique. Une fois en place au milieu de la tribune, sagement abandonnée par le reste de la foule, la barra enclenche la magie de chants incessants. Ils sont plus ingénieux et plus beaux les uns que les autres et chaque mélodie est souvent tirée d'ancienne marches politiques ou de chansons à succès. Chaque chant peut durer de 10 à 20 minutes et à ce jeu là, les meilleurs du pays sont certainement ceux de Boca et du Racing. Ils n'arrêtent pas une seconde de chanter même si leur équipe perd. C'est une question de fierté et de standing à confirmer chaque dimanche. Les joueurs eux-mêmes ne s'y trompent pas. Ariel Ortega qui a joué dans beaucoup de championnats européens affirme que " ce spectacle est unique au monde ". D'autres joueurs ont même voulu expérimenter la ferveur de la Popular (6). Cavenaghi, ex-idole de River, profita de la trêve 2004 en Russie où il est joueur, pour venir voir jouer son ex club depuis les gradins. Son entrée, sur les épaules du leader de la barra, fit la une de tous les journaux argentins. Maradona lui même se mêla aussi à La 12 comme le fanatique qu'il est du club de son cœur. Gaston Sessa, actuel gardien de Vélez et fan de Gimnasia, ne manque pas de venir voir le derby contre Estudiantes debout derrière le but, peu importe si le club Vélozo joue le lendemain ! Les parents n'hésitent pas à amener leurs enfants, à porter leur bébé sur les épaules, peu importe le risque que cela encours. Peu surprenant alors que les supporters, interrogés sur les raisons de leur appartenance à leur club, répondent : " C'est de naissance " ou " C'est héréditaire " ! Certains fans qui n'ont pas les moyens de se payer une place ou un déplacement, préférent se priver de manger pour aller à la cancha (7). L'an dernier, un supporter de Gimnasia couru même pendant 8h jusqu'au stade Monumental afin de ne pas manquer le match de son équipe face à River ! Durant le match le spectacle s'en retrouve ainsi souvent meilleur dans les tribunes que sur le terrain. Avec les chaleurs d'été, les pompiers n'hésitent pas à arroser abondamment les spectateurs au moyen de grosses lances à eaux durant le match. Et le plaisir se prolonge souvent après le coup de sifflet final. En effet, les supporters visiteurs devant être évacués avant les locaux, les 1e prennent un malin plaisir à rester jusqu'à 20-30min après le coup de sifflet final pour chanter et chambrer les 2e à coup de " Venez nous chercher si vous voulez rentrer à la maison ! ". Amitiés et suspicions de corruption En Argentine, même si l'on n'aime pas le football, il est socialement obligatoire de supporter un club si l'on ne veut pas passer pour un marginal. Vous pouvez par contre aimer deux équipes car il existe des pactes d'amitié entre différents groupes de supporters, comme entre ceux de Racing et Gimnasia ou ceux de Newell's et Independiente. Généralement ces amitiés naissent d'une haine viscérale envers un ennemi commun. Les fans de Boca qui sont supposés représenter " La Moitié plus Un " (8) de la population totale argentine, déclarent ne pas avoir besoin d'Amistades (9). Mais c'est surtout lié au fait qu'ils sont détestés par l'autre moitié du pays ! Ces amitiés entre supporters suscitent régulièrement des suspicions d'arrangement de matchs en fin de championnat et cela au nom de cette amitié entre clubs via leurs fans. En 2004, la barra de Independiente est allée à l'entraînement de ses joueurs afin de virulemment leur suggérer de perdre leur dernier match face à Newell's afin que ceux-ci soient assurés d'être champions. Independiente gagna tout de même le match, faisant ainsi taire les mauvaises langues, et Newell's sortit malgré tout champion. Mais cela ne calme pas certains supporters qui pensent que tout est arrangé et surtout corrompu par les Grands qui peuvent se permettre d'acheter les matchs face aux petits clubs et de les inciter à tout donner lors d'un match contre un rival direct. Lors d'une émission TV traitant le problème des Amistades et de la corruption, une vielle supportrice résuma la situation : " Vous me demandez si nous les argentins sommes honnêtes ? Dois-je vous répondre honnêtement ?… ". Le doute plane. Le problème de la violence A l'heure où le débat sur le racisme fait rage dans le monde du football, l'Argentine peut se targuer de ne pas compter ce problème dans ses stades. Point de cri de singe, et les immigrants italiens n'ont pas amené avec eux les convictions fascistes affichées dans certains stades italiens. Lors de rares actes xénophobes, l'AFA n'a pas attendu les mesures de la FIFA pour prendre les devants. Comme lors d'un match à Córdoba en 2005 où l'exhibition de drapeaux fascistes par certains supporters de Talleres décida l'arbitre d'arrêter immédiatement la rencontre. L'AFA déduit ultérieurement des points au club local. Durant la sévère dictature des années 70-80, il était de toute façon peu recommandé d'étaler son opinion sur la place publique. D'ailleurs à cette époque là, le football argentin n'était pas sujet aux problèmes de violence comme il l'est aujourd'hui. Les bagarres existaient bel et bien, mais les échauffourées se réglaient à la main, et discrètement pour ne pas risquer un séjour en prison particulièrement désagréable durant les turbulences militaires. L'apparition de la démocratie entraîna aussi celle de sérieux problèmes autours du football. Les durs de la barra, derrière qui il était jadis possible de se protéger en cas de problème, n'étaient plus intéressés par ce rôle de protecteur mais bien plus par l'argent qu'ils pouvaient faire dans les stades. C'est ainsi que le trafic de narcotiques y devint monnaie courante. Les grandes bâches furent interdites dans les stades afin d'empêcher les barras d'y dissimuler la drogue et de s'adonner à leur trafic dessous la bâche une fois déployée sur la tribune. Mais le pire sont les terribles affrontements entre différentes barras comme en 1999 lors d'un match amical Boca-Chacarita. La barra de Boca entra dans la tribune de Chacarita et ses capos ruèrent de coups le chef de la barra adverse pendant que les joueurs sur le terrain les suppliaient d'arrêter ce carnage. Un vrai scandale. Mais l'histoire n'était pas finie puisque en 2003, Chacarita était de retour à la Bombonera et en représailles ses fans jetèrent toute sorte de projectiles aux supporters des latérales. Quand La 12 s'en rendit compte, ses barras bravas firent le tour du stade pour rentrer à nouveau dans la tribune des visiteurs. Une personne leurs ouvrit secrètement les portes… La bagarre fit un mort et le championnat fut arrêté trois semaines. La police retrouva des armes chez le chef de La 12, Rafael Di Zeo, et tous les leaders de la barra de Boca furent emprisonnés pour être libérés quelques mois après. Di Zeo fut de retour dans les stades seulement un an après et il est aujourd'hui toujours sous le coup de deux cas en justice. La police a un mal fou à gérer ces débordement et semble même parfois fermer les yeux. Les chefs des barras font généralement ce qu'ils veulent, comme dernièrement lors de la dernière finale de Copa Sudamericana entre Boca et les Pumas. Des supporters de Boca sans ticket semèrent le trouble pour rentrer. La police, débordée, était alors contente de voir arriver Rafael Di Zeo, encore lui, venu mettre de l'ordre et décider qui rentrait et qui ne rentrait pas. Les télévisions nationales filmèrent la scène. La police peut aussi perdre totalement le contrôle, comme en 1995 à la fin du match Nueva Chicago-Estudiantes. Les locaux étaient venus chercher la bagarre à ceux d'Estudiantes. La police montée voulu s'interposer mais imaginez la tête des visiteurs quand ils virent surgir des locaux ayant dépossédé les policiers de leur monture ! C'est aussi cela le football en argentine, une violence exacerbée par les barra bravas. Ceux de Boca et de River font le décompte des morts dans chaque camps...Il n'est alors plus question de sport. Une génération de joueurs plein d'avenir Même si l'on peut regretter certains travers du football argentin, nous ne pouvons qu'être admiratif devant le nombre de joueurs talentueux que le pays a sorti depuis des générations. Nous avons tous cette image de joueurs aux cheveux longs n'hésitant pas à mettre le pied. Les connaisseurs se rappelle peut être de Bilardo en son temps de joueur et qui utilisait une aguille pour piquer ses adversaires. La quasi majorité des stars argentines est sortie des quartiers pauvres et les argentins transférés en Europe ne déçoivent que rarement grâce à leur garra (mentalité d'accrocheur) et leur faculté de pouvoir tout affronter. Les anciens se rappellent du Matador Kempes, du Kaiser Passarella, du Príncipe Redondo, ou de " Batigol ". Aujourd'hui, la confirmation de certains joueurs a éclaté aux yeux du grand public lors des derniers Jeux Olympique. El Apache Tevez a éclaboussé de sa classe la compétition et il exerce désormais son talent au Brésil. Mais il existe aussi une génération encore plus jeune et extrêmement talentueuse, celle de Messi le Barcelonais ou du moins médiatisé Agüero. Le petit et électrique numéro 10 de Independiente, est la véritable star du championnat argentin. Surnommé El Kun, il débutât à 15 ans en équipe 1e, un an plus jeune que Maradona à Argentinos Juniors ! Lors du clásico face à Racing en 2004, Agüero rentra dans le cœur de tous les argentins en marquant un but digne du 2nd de Maradona face à l'Angleterre en 86. Mais son talent ne se résume pas à un seul but ; l'opinion publique juge que cela serait un crime de ne pas l'amener au prochain Mondial d'Allemagne, comme cela fut le cas en 1978 quand Menotti préféra se passer des talents du jeune Maradona. Celui-ci voit en Agüero son possible successeur au même rang que Messi. Mais il convient d'être prudent car souvent les médias et le peuple argentin, orphelins depuis la retraite de leur Dieu, se sont enflammés au premier talent prometteur. Mais, si les Saviola, Aimar, D'Alessandro ou autre Riquelme n'ont pas réussi à s'élever au rang de véritable star, nous pouvons parier sur Messi et Aguëro pour embraser la planète football dans les années à venir. Par ailleurs, Boca est en passe d'assembler une véritable dream team comme à l'époque dorée de Carlos Bianchi, et ceci notamment grâce au talent de ses jeunes révélations Gago et Palacio. Si le premier présente le style de jeu et les qualités d'un Redondo, le second rappelle un certain Caniggia. Par ailleurs, il ne faut pas oublier les promesses du milieu défensif Mascherano, ex-River et actuellement partenaire blessé de Tevez au Corenthians du Brésil. Nous pouvons aussi citer les milieux Cabrera et Licht de Gimnasia LP, les attaquants Escudero de Vélez, Lavesci et Barrientos de San Lorenzo. Comme défenseur, seul le latéral Aguirre de Lanús semble prometteur et la seule zone d'ombre qui plane sur le futur de la selección, est sa défense. Les remplaçants de qualité pour les vieillissant Ayala et Samuel ne sont pas légion. L'Argentine a les ressources pour assembler une équipe pouvant s'inscrire dans les annales du football mondial, mais il lui faudra d'abord se pencher sur le problème de son arrière garde. Enfer ou paradis ? A vous de choisir… Le football argentin a bien les caractéristiques idéales pour un film de Quentin Tarantino. Les guides touristiques ne s'y trompent pas et jugent immanquable un match de football local. Le spectacle et le folklore proposés sont ahurissants. Il est légitime de déplorer ses écarts, mais on ne peut pas occulter le fait que ce sport offre des émotions et des joies immenses à un peuple pouvant et devant se priver de beaucoup de chose mais pas de son football. Il le vit avec une ferveur et un amour que peu de chose au monde peuvent se targuer de générer. Alors oui, si vous voulez regarder derrière les feux et lumières de ce véritable feu d'artifice, vous pouvez ne jamais vouloir mettre les pieds dans un stade argentin. En contre partie, si vous êtes à la recherche d'aventure et de sensations fortes alors votre destination s'appelle Fútbol de Primera ! (1) Le plus grand (2) Beau jeu (3) Piqueurs de rats (en référence aux étudiants en médecines qui ont fondé le club) (4) Equivalent de La Ligue des Champions (5) La Descente (6) La populaire, le virage (7) Le stade (8) " La Mitad mas Uno " (9) pacte d'amitié |
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